Spag étant aujourd’hui au four et au moulin, courant à droite à gauche pour photocopier des documents nécessaires à l’obtention de visas Mongols, il me confie la responsabilité d’écrire l’article du jour pour nos lecteurs francophones. Je m’assoie donc à table où nos hôtes étudiants ont laissé trainé en vrac leurs feuilles de cours rempli de caractères chinois aussi élégants qu’insensés. Je ne peux pas tout vous dire sur la Chine, un pays dont beaucoup de choses m’échappent. Je laisse donc les caractères de côtés, et je choisi de la jouer simple en vous faisant part de mon ressenti sur Beijing, en 26 lettres. Après tout notre blog c’est ça, le monde vu aux travers de trois occidentaux, trois jeunes normands.
A comme Apple Store
Spag, jeune homme sympathique mais dépourvu du sens de l’orientation trouve pourtant toujours le moyen de nous mener vers les Apple Stores de toute les grandes villes dans lesquelles nous nous arrêtons. C’est encore une fois le cas à Beijing. Et c’est à chaque fois intéressant de constater l’uniformité de ses magasins, leur design tellement épuré qu’ils m’inspire le néant, ainsi que leur nombre bien trop élevé de vendeurs en t-shirt bleu qui schtroumpf toute la journée à emmerder les clients qui ont, la plus part du temps simplement envie de lire leur e-mails.

B comme « Bou La ! »
« Bou la » c’est l’expression qu’il faut connaître en Chine si on veut éviter de s’enflammer la bouche au point de baver dans son assiette au restaurant. L’expression veut simplement dire « sans piment », mais c’est devenu pour nous un moyen d’appeler la nourriture car nous répettons ces 2 mots sans cesse dans chaque troquet. Je vais chercher des « bou las » veut désormais dire « j’vais chercher de la bouffe ».

C comme Crachat
C’est un des sons de la rue, un des sons de Beijing : les raclements de gorges alors que les Pékinois vont chercher dans les profondeurs de leur organes, leur plus belles huitres avant des les cracher au sol avec une violence démesurée.
D comme Drahmat
Les meilleurs boulangers de Beijing sont incontestablement les Ouigours, ce peuple musulman qui me parait être le trait d’union entre l’orient et l’extrême orient. Leur faciès sino-turco-mongol m’intrigue et me donne souvent envie d’engager la conversation. Hélas je me contente du seul mot que je connais dans leur langue, et qui veut dire « merci ».
E comme Etouffant
C’est peut être l’adjectif qui caractérise le mieux le métro de Beijing, où l’on sait que l’air avec lequel nous remplissons nos poumons est déjà passé par les bronches d’une vingtaine d’autres personnes avant de venir jusqu’à nos narines. C’est toujours plus propre que l’air de l’extérieur me diriez-vous, et vous n’aurez pas tort.

F comme « Ferme ta g… »
Spag et moi ne sommes pourtant pas les hommes les plus grossiers de cette planète, mais ces mots sortent d’eux même lorsque l’on marche tranquillement le long d’un trottoir et qu’un énième cyclomotoriste stressé nous klaxonne pour qu’on l’on s’écarte de son chemin. Il est vrai que notre impolitesse ne change pas grand chose, nous devrions peut être apprendre à dire la phrase « ne pourriez vous pas utiliser la route s’il vous plait ». Mais en chinois, j’aurai du mal à la retenir.

G comme George VI
J’ai rencontré un seul vieux Pékinois qui parlait anglais, et notre conversation a tourné autour du thème des sosies. En effet, il m’a tout de suite dit que je ressemble à George VI, le père d’Elizabeth II. Je lui ai répondu que lui ressemblait plus à Mao, ce qui avait l’air de bien le flatter !
H comme Huton
C’est le nom donné aux ruelles de Beijing qui ont survécu la à révolution du béton. Le charme de Beijing y réside, avec ses petites maison orienté vers le Sud qui n’ont ni chauffage centrale, ni salle de bain, ses restaurants typique, ses pavés irréguliers et son odeur de toilettes publique, ou plutôt d’excréments collectifs.

I comme Interdit
Il faut constamment se rappeler que facebook, youtube et nombre d’autres sites sont interdit en Chine. Parfois certains sites web, pourtant autorisés, fonctionnent curieusement mal en fonction des recherches effectués, à croire qu’ils sont à la fois autorisé et interdit en même temps. Parallèlement à ça, la cité interdite elle, est entièrement ouverte à tout le monde, ce qui mène a beaucoup de confusion autour de la notion de l’interdit.

J comme Joueurs
Joueurs de cartes, de dames ou de corde à sauté, les pékinois jouent dès qu’ils ont du temps de libre. Leurs terrains de jeux sont les trottoirs, les parcs, des ruelles, mais aussi le métro ! En effet le jeux favori demeure le jeux de trouver un siège dans les rames de métro. La passion pour ce sport de combat laisse évidemment quelques bleus sur les corps des gladiateurs, mais c’est de bonne guerre! Le futur des arts martiaux serait-il sous terre ? C’est une des réponse que la Chine va nous apporter durant le XXI ème siècle.

K comme Katie Melua
Il faut rendre hommage à cette chanteuse Georgio-Britanique pour avoir compter le nombre de bicyclettes à Beijing, qu’elle estime être à 9 million. En gros il y a autant de vélo à Beijing que d’habitants en Suède, ce qui ne change pas la face du monde, mais qui me laisse penser que la pauvre Katie a du vraiment s’ennuyer durant son séjour ici.
L comme Laowai
Beijing est une capitale très peu multi-ethnique où les étrangers (dit « laowais ») sortent clairement du lot. Pointé du doigt, regardé avec admiration, incompréhension ou dégout, il semble que notre présence ne laisse personne indifférent. A force d’être appelé « laowai » à chaque coins de rue, je commence à appeler Spag « Laowai » également, et lui de même. Je commence à comprendre comment les noirs américains en sont parvenu à s’appeler eux même« nigga ».

M comme Mao Fashion Icon
On le caresse tous les jours lorsque l’on va chercher son visage au fond de notre porte monnaie. Le père de la nation est toujours bien présent, toujours sous le même angle, et surtout avec le même manteau, qui inspire tant de vieux pékinois encore aujourd’hui. Il pensait être un leader, un père, un génie, mais savait-il qu’il deviendrai une icône de la mode ?

N comme Natation
Les piscines sont certes rares, mais la natation en plein air est surement le sport favori du 3ème age Pékinois. Les basins aquatiques ne sont enfaite que des canaux d’eaux stagnantes d’un vert inquiétant, rempli d’algues à vous rappeler les plus belles plages Bretonne, si l’on remplace bien sur l’odeur des sangliers morts par l’odeur de poisson en décomposition.

O comme Orelsan
C’était notre premier sujet de conversation en arrivant à Beijing, quand nous avons déposés nos vélo chez Thomas, un expatrier Français du Poitou. La première choses qu’il nous à dit était « vous êtes de Caen ? C’est pas la ville d’Orelsan ça ? ». Puis, au fils des semaines, alors que son dernier album tourne en boucle sur notre ordinateur, Orelsan est devenu la révélation française pour les expatriés Anglais, Suèdois ou Allemands que nous rencontrons. Ils commencent même à chantonner certaines de ses chansons.
P comme Produit laitier
En tant que bon normands, notre premier challenge en arrivant dans chaque pays est de dénicher dans les rayons des super marché des bons produits laitiers. Ici en Chine, le fromage est inexistant, le lait est aussi écrémé que de l’eau, et le beurre est hors de prix. Il ne nous reste qu’un seul ami : le yaourt. Il est nature, légèrement sucré, plutôt liquide et se boit à la paille, et ne se périme jamais étant donné que les dates de péremption n’existe pas en Chine.

Q comme Qingdao
Mis à part quelques pays d’Europe occidentale (en gros la Belgique et son voisinage), la planète entière essaye de faire de la bière sans vraiment y parvenir. La version chinoise de l’Heineken se nomme « Qingdao » et son goût ressemble étrangement à celui du Perrier en un peu moins fort.

R comme Rouge
Quand on se promène de nuit dans les rues de Beijing, on voit rouge. Les restaurants, les magasins, les hôpitaux et même les coiffeurs sont signalés par d’énormes caractères en néon écarlate. Même sur les terrasses des restaurants, les hommes engloutissent l’alcool de riz afin de retrouver sur leur grosses faces joufflues, les couleurs nationales.
S comme Smog
« Smog » qui veut dire « nuage de pollution » en anglais et clairement le sujet de discussion principal des expatriées. C’est d’ailleurs le sujet réservé uniquement aux expatriées, puisque les Chinois, eux, appellent ça de la poussière, et selon leurs croyances cela provient du désert de Gobi. Autrement dit, c’est naturel.


T comme Thé
Brulant ou glacé, noir, rouge ou vert, le thé est la boisson nationale en Chine. Il est donc présent partout dans les tasses ou les bouteilles en plastiques et laisse même des traces sur les dents mal brossé des locaux.
U comme Unique
Ils sont tous uniques, même un peu trop peut être. Tout le monde est un enfant unique et chacun a été élevé avec la pression de 6 personnes cumulés : 2 parents et 4 grands parents, qui vivent, le plus souvent sous un même toit. Peut être cette pression est-elle l’une des cause du fort taux de suicide en Chine, qui au final, rempli à merveille le même rôle que la politique de l’enfant unique : réduire la population.


V comme Visa
C’est la raison de notre si long séjour à Beijing. L’attente des visas Russe est extrêmement longue, mais peu à peu, notre expérience pékinoise passe d’un moment d’attente à un grand moment de découverte, qui on l’espère se terminera en victoire avec grand « V ».
W comme Wo Jiao Xiao Long
Mon vocabulaire mandarin étant extrêmement limité, mais mon envie de parler aux gens étant tout de même bien présente, je décide souvent d’engager la conversation en me présentant sous mon nom chinois « Xiao Long », qui m’a été donné par une expatriée Basque peu après notre arrivé en Chine. La plus part du temps mon nom suscite des éclats de rires, si bien que je me demande si mon nom veut réellement dire « petit dragon » ou s’il signifie autre chose que la Basque m’aurait caché !
X comme X station
C’est le nom que j’ai donné à l’une des grandes station de métro de la ville. Je l’ai appelé comme cela pendant plusieurs semaines car retenir les noms chinois est extrêmement difficile, donc je me contente souvent de la première lettre. Maintenant que notre séjour à Beijing touche a sa fin, j’ai finalement réussi à retenir son vrai nom : Xijemen.
Y comme Ying Gua
« Ying Gua » signifie « Angleterre », et c’est ce que je réponds aux gens quand ils me parlent. Enfaite c’est ma réponses à toute les questions, quelle qu’elles soient. Une fois sur deux, ma réponse s’inscrit parfaitement dans la « conversation » car c’est souvent la même question qui revient sans cesse « d’où vennez-vous ? ».
Z comme Zhong Guo
C’est tout simplement « Chine » en chinois, et traduit littéralement ça veut dire le pays du milieu. Allusion au Seigneur des Anneaux, ou nombrilisme, à vous de voir…
Seb
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